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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 15:39

Par DESIRS D'AVENIR HERAULT

Royal sur Europe 1 : "M. Sarkozy c’est tout sauf un chef, c’est un dirigeant qui a mis la France en faillite"

Militants de l'Espoir à Gauche. 24.11.2011

 

 

S1 ms absolument pas

  « Il manque la combattante Ségolène Royal sur le front politique et électoral », notait Jean-Pierre Elkabbach au début de l’interview.

 

Royal : "Sarkozy a mis la France en faillite" par Europe1fr

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M

Bruce Toussaint : Europe 1, 8h20, l’interview de Jean-Pierre Elkabbach à suivre sur Europe1.fr. Votre invitée ce matin Jean-Pierre : Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes.

Jean-Pierre Elkabbach : d’abord bienvenue, Ségolène Royal …

Ségolène Royal : bonjour.

Jean-Pierre Elkabbach, sans s’arrêter : … merci d’être là. Bonjour. Il manque, il manque la combattante Ségolène Royal sur le front politique et électoral. (Sourire de Ségolène Royal) Votre absence et votre silence, est-ce qu’ils sont le signe que vous êtes gagnée par le doute ?

Ségolène Royal : mais absolument pas !

Un candidat a été désigné, François Hollande, si j’avais continué à occuper l’avant-scène médiatique, vous savez ce que vous m’auriez dit ce matin, Jean-Pierre Elkabbach, vous m’auriez dit : « Vous n’avez pas compris, Madame Royal, que ce n’est pas vous qui avez été désignée ? (Petit rire de Ségolène Royal) Que c’est François Hollande ? (Rire de Ségolène Royal) ».

Jean-Pierre Elkabbach, pendant que Ségolène Royal parle : non, je vous l’aurais pas dit … je vous l’aurais pas dit … je vous aurais pas dit ça …

Ségolène Royal, sans s’arrêter : donc je pense qu’il y a un minimum de, de …

Jean-Pierre Elkabbach, lui coupant la parole : mais … mais le candidat François Hollande a besoin de vous, il a besoin de forts soutiens, et d’abord, de vous, qui avez la première, après qu’il vous ait dépassée, à le rejoindre.

Ségolène Royal : mais il peut compter sur mon soutien, il le sait, puisque déjà, vous venez de le rappeler, je l’ai soutenu très fortement pour qu’il soit désigné et qu’il ait une forte avance, et tous les socialistes sont rassemblés avec leur candidat.

Et nous étions encore hier soir en réunion du Bureau national du Parti socialiste, et tous les socialistes sont rassemblés, et François Hollande sait qu’il peut compter sur chacun d’entre nous pour nous conduire vers la victoire.

Jean-Pierre Elkabbach : c’est la vision, la vision idéalisée, mais comme en 2007 à votre égard, est-ce que les éléphants du Parti socialiste ne sont pas en train de reprendre leur marche lourde et sourde ? On a l’impression que c’est difficile de faire campagne avec un parti qui regarde, plutôt, et qui ne s’engage pas tellement aux côtés de son candidat.

Ségolène Royal : mais où est-ce que vous avez vu ça ? Mais vous ne trouvez pas qu’il y a une espèce de propagande, là, excessive, qui consiste à regarder à la loupe ce que fait chaque socialiste pour pouvoir occulter les graves désordres au sein de la droite ?

Moi je crois que l’événement d’aujourd’hui, c’est le recul de François Fillon sur le 4ème jour de carence. C’est-à-dire voilà en catimini un gouvernement qui a creusé le déficit, la dette, qui n’arrive pas à protéger les Français, qui fait gravement reculer la protection sociale, et qui s’apprêtait, en plus, à faire en sorte que les Français malades ne reçoivent rien pendant 4 jours !

La gauche a fait reculer le gouvernement sur cette mesure extrêmement nocive pour les Français.

Jean-Pierre Elkabbach : même des … même des … même des élus UMP. Euh, est-ce que vous avez pris pour un compliment la formule de Daniel Cohn-Bendit : « François Hollande se ségolénise. » ?

Ségolène Royal : oh, il a été mieux inspiré, hein, je l’ai connu mieux inspiré, Daniel Cohn-Bendit. Je crois qu’il faut toujours avoir le souci d’élever le débat politique …

Jean-Pierre Elkabbach, lui coupant la parole : mais qu’est-ce que ça veut dire ? Et-ce que ça veut dire que c’est la preuve qu’il est en traine de combattre et de se battre quel que soit le résultat final, ou au contraire qu’il est en train tout doucement de se rétrécir et de se rapetisser ?

Ségolène Royal : s’il se ségolénise, c’est déjà qu’il sera au second tour de l’élection présidentielle, et qu’il va largement rassembler au premier tour, donc regardons les choses positives.

Jean-Pierre Elkabbach : mais i … mais ça veut dire qu’il ira pas à l’Elysée ? C’est ce que veut dire Daniel Cohn-Bendit.

Ségolène Royal : écoutez, aujourd’hui la campagne est en mouvement. Ce qui est important, c’est que les socialistes non seulement sont là, au combat, contre les mauvaises décisions de la droite, qui a mis la France en faillite, il faut quand même dire les choses, et nous sommes au combat : la preuve, regardez ce que tous les Français vont recevoir, le document qu’a fait le Parti socialiste, sur : « La droite creuse la dette, ce sont les Français qui vont payer ! ».

Alors disons les choses très clairement, nous avons fait les comptes, lorsque nous additionnons la facture que fait payer Monsieur Sarkozy à l’ensemble des Français, c’est 75 milliards, entre le bouclier fiscal, la niche Copé, qui avantage les filiales des grands groupes, la baisse d’impôt sur la fortune, la baisse des droits de succession sur les grosses fortunes …

Jean-Pierre Elkabbach, lui coupant la parole : est-ce que vous ajoutez c…

Ségolène Royal, sans s’arrêter : … la baisse des impôts sur les dividendes, attende, parce que c’est important que les Français soient informés …

Jean-Pierre Elkabbach : oui, oui, oui … bien sûr, bien sûr, bien sûr …

Ségolène Royal, sans s’arrêter : … la baisse de la fiscalité des entreprises, les subventions du chômage, les mesures absurdes sur les heures supplémentaires, c’est 75 milliards. Savez-vous Mons… [Jean-Pierre Elkabbach, l’interrompant doucement : « Oui… »] savez-vous, savez-vous que depuis que Monsieur Sarkozy est au pouvoir, depuis 2007, il y a 1 000 chômeurs de plus par jour ? 1 200 000 chômeurs de plus. Voilà ce que Monsieur Sarkozy [Jean-Pierre Elkabbach, en même temps : « Il y avait pas de crise … »] et la droite font, [Jean-Pierre Elkabbach, l’interrompant : « Attendez … »] font actuellement de la France …

Jean-Pierre Elkabbach : est-ce que, est-ce que dans votre facture vous ajoutez le …

Ségolène Royal, poursuivant : donc les Français vont payer.

Jean-Pierre Elkabbach : attendez, attendez, vous ajoutez le …

Ségolène Royal : attendez, attendez, les Français vont payer, les Français vont payer 75 milliards, plus les 45 milliards de fraude fiscale contre laquelle le gouvernement ne fait absolument rien, et qui va payer ? Qui va payer ? C’est ça, le 4ème jour de carence ? C’est ça la réduction, la baisse des salaires, comme on le voit dans certaines entreprises ?

Jean-Pierre Elkabbach, l’interrompant : tout ça … ben voilà, voilà, c’est bien, c’est bien, entre deux voyages, vous y allez. Mais est-ce que dans votre facture vous notez le coût, des 35 heures par exemple, c’est plus de 120 ou 150 milliards, ça a été dit au Sénat …

Ségolène Royal, l’interrompant : écoutez arrêt… [Jean-Pierre Elkabbach interrompt Ségolène Royal à chaque fois, par : « mais … les … les … »] arrêt… arrêt… arrêt… arrêt… mais, écoutez … écoutez … franchement …

Jean-Pierre Elkabbach, l’interrompant encore : la droite vous répondra : « C’est pas mon problème. ».

Ségolène Royal, poursuivant : … si la droite, si la droite aujourd’hui, pour régler le problème des Français, et pour redresser la France, n’a comme seul leitmotiv la question des 35 heures, eh bien moi je la mets au défit de supprimer les 35 heures.

Jean-Pierre Elkabbach : eh ben, il paraît qu’elle va le faire. On va voir !

Ségolène Royal : eh bien qu’elle le fasse. Et alors ! Et elle va le faire … Ça fait 5 ans qu’elle le raconte.

Jean-Pierre Elkabbach : alors vous m’avez montré la … la feuille de … le tract que va distribuer …

Ségolène Royal, l’interrompant : la facture des Français.

Jean-Pierre Elkabbach : la facture des Français. Vous avez vu l’Express : « François Hollande est-il un vrai chef ? » ; vous qui avez mis en doute son esprit de décision, Jean-Luc Mélenchon dit : « c’est un … »

Ségolène Royal : non, je n’ai jamais … non, absolument pas, je n’ai jamais dit ç…

Jean-Pierre Elkabbach : « … un capitaine de pédalo dans la tempête ». Est-ce que c’est un vrai chef ?

Ségolène Royal : moi je ne commente pas les titres d’une presse de droite qui fait une propagande excessive, alors que, vous le savez fort bien aujourd’hui, le rapport dans les enquêtes d’opinion au second tour de l’élection présidentielle est de 60/40 au profit …

Jean-Pierre Elkabbach, l’interrompant : mais j’aimerais que vous me disiez : « C’est un vrai chef. »

Ségolène Royal, sans s’interrompre : … de la gauche. Mais bien … non seulement c’est un vrai chef, mais c’est quand il sera élu qu’il entre[ra] dans les habits de président de la République.

Qu’est-ce que ça veut dire ces polémiques qui ont lieu avant même l’élection présidentielle ? Moi je vais vous dire, Monsieur Sarkozy, c’est tout sauf un chef, c’est tout sauf un chef, c’est un dirigeant qui fait du mal à la France et qui a mis la France en faillite.

Puisque vous me montrez une Une de journal, regardez la Une du journal Marianne avec « La France en faillite », et où l’on peut voir l’ensemble des chiffres, dont une partie de ceux que je viens de vous donner, qui prouve que non seulement nous sommes dirigés.


Jean-Pierre Elkabbach, lui coupant la parole : mais y’a pas de crise, y’a pas de crise …

Ségolène Royal, poursuivant : … non seulement nous sommes dirigés par des incompétents, mais aussi par des profiteurs, et François Hollande n’est ni un incompétent, ni un profiteur, et c’est l’homme dont la France a besoin en 2012.

Jean-Pierre Elkabbach : voilà un s… voilà un soutien, voilà un soutien pour François Hollande …

Ségolène Royal, immédiatement : mais, Monsieur, le soutien est sans faille, et il sera permanent.

Jean-Pierre Elkabbach, cherchant à prendre la parole : n’oubliez pas … n’oubliez pas … regardez, n’oubliez pas la crise, en Espagne, la droite et la crise ont balayé Monsieur Zapatero, en 2007 vous l’admiriez, c’était même votre modèle, et vous avez vu qu’au pouvoir, on peut pas tenir ses promesses, et d’ailleurs, y’a un échec de toute la social-démocratie, qui est en crise, et on peut se demander qu’est-ce qu’on peut faire pour réactiver, réanimer une idéologie qui est, comme ça, inadaptée.

Ségolène Royal : vous avez raison. Je crois qu’il y a 2 choses que l’on peut dire sur ce sujet-là, c’est que d’abord, il y a une volonté de sortir les sortants, parce que les gens cherchent désespérément des solutions à leurs problèmes, premièrement, et deuxièmement, il faut en effet refonder une social-démocratie à bout de souffle, et sortir du système actuel.

Comment ? En mettant la finance au service de l’économie, et là aussi il y a eu des annonces qui ont été faites, par exemple sur la création d’une banque publique d’aide aux petites et moyennes entreprises, nous, nous la ferons, car aujourd’hui il y a du potentiel en France. La France résiste, vous avez vu, mieux que d’autres pays parce qu’il y a un tissu de petites et moyennes entreprises …

Jean-Pierre Elkabbach, lui coupant la parole : Ségolène Royal, l’accord …

Ségolène Royal, sans s’arrêter : … qui se battent au quotidien mais qui aujourd’hui n’ont pas accès au crédit bancaire.

Jean-Pierre Elkabbach : Ségolène Royal, l’… l’accord avec les Verts, sur le nucléaire, de qui vous vous sentez la plus proche, du PS ou d’Eva Joly ?

Ségolène Royal : il y a un consensus qui a été fait, et je trouve sain qu’il y ait des débats politiques. Ceux qui ont peur des débats politiques entre les différents partenaires à gauche sont ceux qui ont simplement peur d’envisager l’avenir. Ce sont des sujets très importants, la mutation énergétique, c’est un potentiel de création d’activités et d’emploi.

Jean-Pierre Elkabbach : est-ce qu… mais vous, vous êtes favorable à la sortie définitive du nucléaire ?

Ségolène Royal : je suis favorable à la sortie de la dépendance du nucléaire, parce que cela crée des activités et des emplois, et c’est une façon d’empoigner le futur.

Jean-Pierre Elkabbach : donc vous êtes en désaccord avec l’accord qui a été signé ?

Ségolène Royal : non, puisque l’accord …

Jean-Pierre Elkabbach, lui coupant brutalement la parole : et qui ne dit pas « la sortie du nucléaire » ?

Ségolène Royal : mais nous verrons ça au moment de l’accélération de la mutation é

Moi je suis pour une politique par la preuve, par les faits, et par les résultats. Lorsque nous monterons en puissance sur les énergies alternatives, alors nous pourrons envisager la sortie du nucléaire, et dans un premier temps, la sortie de la dépendance du nucléaire.

Jean-Pierre Elkabbach : ma dernière remarque, c’est : Eva Joly accuse les amis de François Hollande d’archaïsme, d’être du bois dont on fait les marionnettes, ça fait partie du débat ou ça vous choque ?

Ségolène Royal, du tac au tac : ça me choque, parce qu’il faut éviter les anathèmes, surtout entre partenaires qui ont vocation à gouverner la France demain, et à faire en sorte de redresser notre pays.

Bruce Toussaint : merci …

Jean-Pierre Elkabbach, l’interrompant : elle ira jusqu’au bout, Eva Joly ?

Ségolène Royal : bien sûr, elle ira jusqu’au bout, pourquoi n’irait-elle pas jusqu’au bout ? Il faut qu’elle aille …

Jean-Pierre Elkabbach, lui coupant la parole : parce qu’elle est isolée dans son parti.

Ségolène Royal : eh bien, il faut qu’elle aille jusqu’au bout, surtout, d’une convergence avec les socialistes, et de bonnes idées qui feront de la France un pays que nous aimons.

Jean-Pierre Elkabbach : merci, bonne journée …

Bruce Toussaint : merci Ségolène Royal …

Publié dans : Ségolène Royal - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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